Bail commercial : rejet du pourvoi d’un locataire expulsé pour loyers impayés
CCJA, 2ᵉ chambre – Arrêt n°252/2018 du 13 décembre 2018
Affaire : Ismaël BAKARY c/ Société Central Park, Aliou GUEYE, Abdoulaye BAH
Contexte juridique
- En 2004, la société Central Park loue à Ismaël Bakary un local commercial au centre « Grâce Divine » à Abidjan, moyennant un loyer trimestriel de 2 000 000 F CFA.
- La bailleresse lui reproche :
- 11 millions F CFA de loyers impayés,
- Une sous-location non autorisée.
- Après mise en demeure infructueuse, elle assigne le locataire ainsi que deux autres occupants devant le Tribunal de commerce d’Abidjan, qui :
- Résilie le bail,
- Ordonne l’expulsion,
- Condamne Ismaël Bakary à payer 7 844 445 F CFA d’arriérés.
- Bakary forme alors un pourvoi en cassation.
Arguments du requérant
- Incompétence du Tribunal de commerce pour prononcer la résiliation du bail et l’expulsion.
- Absence d’arriérés réels, soutenant que certaines sommes avaient déjà été réglées ou concernaient une période où il n’occupait plus les lieux.
Appréciation de la CCJA
- Incompétence soulevée tardivement :
- Cette exception devait être présentée devant le Tribunal de commerce avant toute défense au fond.
- Soulevée pour la première fois en cassation, elle est irrecevable.
- Contestations sur les loyers :
- Les griefs visent la réévaluation des faits et montants, qui relèvent du pouvoir souverain des juges du fond.
- La CCJA n’a pas à réexaminer ces appréciations.
A retenir
- Exceptions de compétence : à soulever dès la première instance, sous peine d’irrecevabilité en cassation.
- La CCJA ne rejuge pas les faits : elle contrôle uniquement la correcte application du droit.
- Les décisions d’expulsion pour impayés demeurent valables si le juge du fond a motivé sur la base des preuves produites.


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