Liquidation d’astreinte – absence de lien avec un Acte uniforme OHADA : la CCJA se déclare incompétente
CCJA, 1ʳᵉ chambre, arrêt n°280/2018 du 27 décembre 2018
Affaire : Société Générale Tchad (SGT) c/ Mamadou NGUENA Gabriel
Contexte juridique
- Un différend oppose SGT à Mamadou NGUENA Gabriel concernant le paiement d’astreintes infligées à la banque.
- Historique :
- Le président du TPI de N’Djamena condamne la SGT à une astreinte de 500 000 FCFA/jour.
- Plusieurs décisions se succèdent (ordonnances, arrêts) sur la liquidation de ces astreintes.
- La Cour d’appel de N’Djamena, le 12 juin 2017, ordonne finalement à la SGT de payer 287,5 millions FCFA au titre de l’astreinte.
- SGT se pourvoit en cassation devant la CCJA, invoquant notamment les articles 168 et 49 de l’AUPSRVE.
Problème juridique
La CCJA est-elle compétente pour connaître d’un pourvoi portant uniquement sur la liquidation d’astreintes, en l’absence d’application d’un Acte uniforme OHADA ?
Raisonnement de la Cour
- Article 14 du Traité OHADA : la CCJA ne juge en cassation que les décisions d’appel soulevant l’application d’un Acte uniforme ou d’un règlement OHADA.
- Les astreintes litigieuses :
- Ne sont pas prévues par un Acte uniforme,
- Ne relèvent pas de l’exécution d’une saisie ou d’une procédure de recouvrement visée par l’AUPSRVE.
- Les moyens soulevés (violation de l’autorité de la chose jugée, etc.) n’établissent aucun lien avec un texte OHADA.
Points essentiels à retenir
- La CCJA est une juridiction spécialisée : elle ne connaît que des litiges impliquant l’application d’un Acte uniforme ou d’un règlement OHADA.
- Une astreinte civile nationale, même dans un contexte commercial, reste du droit interne si aucun Acte uniforme n’est en jeu.
- Invoquer des articles d’un Acte uniforme sans démontrer leur application concrète ne suffit pas pour fonder la compétence de la CCJA.


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